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 Qu'est-ce que le néolibéralisme ?

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Nicolas

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Nombre de messages : 2
Date d'inscription : 20/04/2006

MessageSujet: Qu'est-ce que le néolibéralisme ?   Jeu 20 Avr - 0:40

Qu'est-ce que le néolibéralisme ?
1. Une idéologie...
Commençons par les évidences ! Le libéralisme est une idéologie, c'est-à-dire non pas nécessairement une conception dépassée, mais simplement un système de représentations - doté d'une histoire, de valeurs, etc.
Comme pour toute idéologie, la question est donc d'abord : est-elle adaptée à la réalité ? sur quoi repose-t-elle ? c'est-à-dire : de quel crédit peut jouir un tel système de représentations ?
Le néolibéralisme semble avoir gagné cette première bataille : beaucoup pensent aujourd'hui qu'il reflète la "réalité" du fonctionnement de l'économie. Et c'est sur ce terrain qu'il reste beaucoup à faire : Bourdieu s'y emploie, lorsqu'il met son poids scientifique au service de sa critique ; d'autres le suivent, comme l'association ATTAC, qui organisent une contre-réflexion de fond.
Mais comme pour toute idéologie, cette première question ("est-elle adaptée à la réalité ?") est sujette à caution : outre qu'on peut toujours douter de l'idée même de réalité, voire de vérité (surtout économique...), on peut aussi penser que cette réalité n'existe pas a priori - c'est nous qui la faisons exister, par notre discours - et qu'en conséquence notre idéologie a une dimension éminemment "constructive".
La question est alors : telle ou telle idéologie est-elle désirable ? Telle idéologie nous présente-t-elle du monde (économique, politique ou autre) une vision qui serait à la fois cohérente, réaliste, et acceptable ? En effet, il est clair que nous avons une responsabilité dans le choix du monde où nous vivons : en l'acceptant ou en le refusant, et par la façon dont nous le faisons, nous contribuons à bâtir la société, la politique, etc. Tout le monde voit bien où peut conduire par exemple une acceptation trop rapide, trop aveugle, du monde où nous nous trouvons.
Résumons-nous : la bataille est donc à mener sur deux front, celui de la critique "scientifique" (montrer qu'il n'y a pas de "réalité néolibérale"), et celui de la critique des valeurs (montrer que le néo-libéralisme ne présente pas de valeurs souhaitables).
Ce second front, il est peut-être plus facile de s'y engager. C'est ce que font Les guignols de l'info, mais aussi Lazuly dans Les chroniques du Menteur ou Arno dans ses éditos du Scarabée . C'est ce à quoi nous avons voulu contribuer, à notre façon, plus frontalement, avec notre "encyclopédie" : développer une critique des valeurs
2. Une idéologie "nouvelle"...
Cela n'aura échappé à personne : dans néo-libéralisme, il y a "néo". Il faut en effet distinguer le libéralisme d'hier, le libéralisme du début du 19e siècle, essentiellement politique, du libéralisme d'aujourd'hui, libéralisme quasi exclusivement économique, lui même rajeuni par la mondialisation et la disparition apparente d'alternatives économiques et politiques.
Le libéralisme politique n'a plus grand chose à voir avec ce qui nous intéresse, rien qui puisse nous déplaire en tout cas : il s'oppose à l'autoritarisme en général, et (historiquement) aux pouvoirs monarchiques en particulier ; il conteste la concentration des pouvoirs entre peu de mains, et défend la liberté de conscience, la liberté religieuse, les libertés politiques...
Le libéralisme économique, lui, s'oppose à l'étatisme, et pose l'existence de lois économiques naturelles selon lesquelles un équilibre s'établit entre production, distribution et consommation (il est donc historiquement opposé au socialisme). Toute intervention de l'Etat dans l'économie risque selon lui de gripper les rouages de la machine, et doit être prohibée. C'est une conception minimale du politique, qui vise à défendre la liberté du travail, l'initiative privée, et donc la concurrence, le libre-échange. On voit le lien : il reste du premier libéralisme une méfiance vis-à-vis de l'Etat, même quand le régime politique est respectueux des libertés fondamentales (ce qui n'est pas toujours le cas, évidemment, loin s'en faut). Il repose finalement sur une conception assez étroite de l'Etat et de la liberté, selon laquelle tous deux s'exclueraient nécessairement.

Le néo-libéralisme est l'actualisation de cette deuxième conception, qui s'accommode parfois d'une certaine planification de l'économie par l'Etat, mais défend toujours le principe de la libre entreprise et de la concurrence (principes aujourd'hui largement reconnus en droit, mais dont il cherche à faire reculer encore les limites). Le rôle du politique, même s'il est en partie reconnu, est donc toujours très limité - et il est subordonné à celui de l'économie.
A notre sens, il ne s'agit pas, chez ceux qui s'opposent au néolibéralisme, de remettre en cause le droit à l'initiative privée, mais d'en rappeler les limites, et le danger quand l'Etat en fait un programme politique. Il est simplement grand temps de rappeler nos démocraties à leur idéal de liberté, d'égalité, et de fraternité (on en viendrait presque à s'excuser pour les grands mots)... et d'exiger qu'il ne reste pas lettre morte, en somme que la société ne régresse jamais.
3. Une utopie d'exploitation sans limites
Nous ne saurions mieux faire que vous renvoyer maintenant à l'article de Bourdieu "Le néo-libéralisme, une utopie (en voie de réalisation) d'une exploitation sans limites" (in Contre-feux), où le sociologue s'essaie à un panorama des mesures néolibérales tentées ou proposées au cours des années 1980 et 90, et soutenues par le FMI ou l'OCDE : baisse du coût de la main-d'oeuvre, réduction des dépenses publiques, flexibilisation du travail. La misère au travail est grande aujourd'hui, de nombreuses entreprises développent de véritables techniques d'asujettissement du personnel pour leur faire accepter des conditions de travail inacceptables. Enfin, il faut voir derrière tout cela la dictature des marchés, qui impose aux entreprises ses propres normes de rentabilité, et sa course au profit à court terme.
Et tout cela à cause d'une pure fiction mathématique, une formidable abstraction issue d'une conception terriblement étroite de la rationalité. Pour donner la mesure de l'erreur, Bourdieu signale par exemple l'omission du système d'enseignement dans l'étude néolibérale du système de production des biens et des services, et dans "la production des producteurs"... Comment faire confiance à une pensée aussi réductrice ?
Pour développer les conséquences du néolibéralisme sur les travailleurs, et comprendre la souffrance très spécifique qui en résulte, il faut aussi vous recommander le livre de C. Dejours Souffrance en France, La banalisation de l'injustice (au Seuil).
Pour conclure : une révolution conservatrice.
Le néolibéralisme favorise donc un terrible saut en arrière, une remise en cause généralisée des acquis sociaux. Ce phénomène s'apparente à une révolution en cela qu'il s'apprête à déposséder les peuples d'un certain nombre de leurs biens, de leurs avancées, sous couvert d'une nécessaire adaptation à un marché mondialisé, forcément impitoyable. Lentement mais sûrement les gouvernements sont privés de leurs prérogatives, et se voient dicter leur conduite par les interprètes du marché mondial : s'il n'y a aucun renversement de régime, c'est parce que la révolution conservatrice prend une forme beaucoup plus subtile de prise de pouvoir : elle procède par petites touches et opère par substitution ; elle conduit les gouvernements à abandonner leur sort à des instances internationales, en apparence apolitiques, et incontrôlables.
Au sein du pays, la meilleure preuve de l'efficacité de cette révolution est la culpabilité sans cesse grandissante des fonctionnaires, qui n'osent plus pour une grande part défendre leur statut, comme gagnés par une mauvaise conscience, le sentiment d'être des "privilégiés". Voilà la victoire du néolibéralisme : faire passer la défense des acquis sociaux pour un odieux corporatisme, là où il n'y a que souci de conditions de travail acceptables. Il convient donc de renverser la tendance, de refuser la division et de réaffirmer que défendre des acquis sociaux, c'est défendre le bien commun, et donc une certaine idée de l'universel.

Dans la rhétorique militante (bourdieusienne par exemple), il s'agit donc d'oeuvrer pour une contre-révolution. Cela ne doit pas nous aveugler : oui, défendre un certain niveau de protection social est peut-être une forme de conservatisme, mais seulement en apparence, puisqu'il s'agit d'en étendre les acquis à toute la société, et plus largement encore à toutes les sociétés, quelles qu'elles soient (européennes, américaines, asiatiques, etc.).
En somme, cette contre-révolution serait une forme de conservatisme progressiste, avec le souci d'étendre notre modèle social, là où le néolibéralisme propose une révolution conservatrice (une véritable réaction), et donc de procéder à un retour en arrière encore plus terrifiant, à une nouvelle forme d'exploitation, cette fois sans limites.
Pour Autonomie, J.Baptist
Propos pour servir à la contre-révolution.
La liberté
vue par les autres
Proudhon, Bakounine, Spinoza, Marx...
La liberté croît avec la solidarité
Au point de vue barbare, liberté est synonyme d'isolement : celui-là est le plus libre dont l'action est la moins limitée par les autres ; l'existence d'un seul individu sur toute la face du globe donnerait ainsi l'idée de la plus haute liberté possible. Au point de vue social, liberté et solidarité sont termes identiques : la liberté de chacun rencontrant dans la liberté d'autrui, non plus une limite (...) mais un auxiliaire, l'homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables.
Ces deux manières de concevoir la liberté s'excluant l'une l'autre, il en résulte que la liberté du sauvage ne peut pas être rationnellement et justement revendiquée par l'homme vivant en société : il faut choisir.
Deux nations sont séparées par un bras de mer ou une chaîne de montagne. Elles sont respectivement libres, tant qu'elles ne communiquent point entre elles, mais elles sont pauvres ; c'est de la liberté simple : elles seront plus libres et plus riches si elles échangent leurs produits ; c'est ce que j'appelerais liberté composée. L'activité particulière de chacune des deux nations prenant d'autant plus d'extension qu'elles se fournissent mutuellement plus d'objets de consommation et de travail, leur liberté devient aussi plus grande : car la liberté c'est l'action. Donc l'échange crée entre nations des rapports qui, tout en rendant leurs libertés solidaires, en augmentent l'étendue : la liberté croît comme la force, par l'union.
Proudhon
NB : Bon, évidemment, il s'agit d'être prudent... Même sans convoquer la "mondialisation", il faudrait s'interroger sur la façon dont les avantages de la liberté composée rejaillissent sur les individus... Tout le problème de la liberté composée vient du fait qu'en étant plus complexe, elle permet aussi l'émergence d'inégalités. Un pays peut devenir globalement plus "libre" mais ne pas en faire profiter tous les habitants, par exemple (problème de la redistribution des richesses, mais plus largement du travail, de l'information, etc.)...
J.Baptiste
La liberté comme autonomie
Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes ou femmes, sont également libres. La liberté d'autrui, loin d'être une limite ou une négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres, de sorte que, plus nombreux sont les hommes libres qui m'entourent, et plus étendue et plus large est leur liberté, plus étendue et plus profonde devient la mienne. C'est au contraire l'esclavage des autres qui pose une barrière à ma liberté, ou, ce qui revient au même, c'est leur bestialité qui est une négation de mon humanité parce que, encore une fois, je ne puis me dire libre vraiment que lorsque ma liberté, ou ce qui veut dire la même chose, lorsque ma dignité d'homme, mon droit humain, qui consiste à n'obéir à aucun homme et à ne déterminer mes actes que conformément à mes convictions propres, réfléchis par la conscience également libre de tous, me reviennent confirmée par l'assentiment de tout le monde. Ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tous s'étend à l'infini...
Michel Bakounine
Obéissance et esclavage
Le but et le principe de l'organisation en société consistent à soustraire les hommes au règne absurde de la convoitise et de les faire avancer - autant que possible - sur la voie de la raison, de sorte que leur vie s'écoule dans la concorde et la paix.
(..) Les sujets doivent exécuter les ordres reçus et ne reconnaître d'autre droit, que celui établi par les proclamations de la souveraine Puissance [le pouvoir de l'Etat]. Peut-être va-t-on prétendre qu'ainsi nous faisons des sujets des esclaves, car une opinion vulgairement répandue nomme esclave celui qui agit sur l'ordre d'un autre, et homme libre celui qui se conduit comme il le veut. Cette manière de voir n'est pas tout à fait conforme à la vérité. En fait, l'individu entraîné par une concupiscence personnelle au point de ne plus rien voir ni faire de ce qu'exige son intérêt authentique, est soumis au pire des esclavages.
Au contraire, on devra proclamer libre l'individu qui choisit volontairement de guider sa vie sur la raison. Quant à la conduite déclenchée par un commandement, c'est-à-dire l'obéissance, bien qu'elle supprime en un sens la liberté, elle n'entraîne cependant pas immédiatement pour un agent la qualité d'esclave. Il faut considérer avant tout, à cet égard, la signification particulière de l'action. A supposer que la fin de l'action serve l'intérêt non de l'agent, mais de celui qui commande l'action, celui qui l'accomplit n'est en effet qu'un esclave, hors d'état de réaliser son intérêt propre. Toutefois dans toute libre République et dans tout Etat où n'est point pris pour loi suprême le salut de la personne qui donne les ordres, mais celui du peuple entier, l'individu docile à la souveraine Puissance ne doit pas être qualifié d'esclave hors d'état de réaliser son intérêt propre. Il est bien un sujet. Ainsi la communauté politique la plus libre est celle dont les lois s'appuient sur la saine raison. Car, dans une organisation fondée de cette manière, chacun, s'il le veut, peut être libre, c'est à dire s'appliquer de tout son cœur à vivre raisonnablement. De même, les enfants, bien qu'obligés d'obéir à tous les ordres de leurs parents, ne sont cependant pas des esclaves ; car les ordres des parents sont inspirés avant tout par l'intérêt des enfants. Il existe donc, selon nous, une grande différence entre un esclave, un fils, un sujet, et nous formulerons les définitions suivantes : l'esclave est obligé de se soumettre à des ordres fondés sur le seul intérêt de son maître ; le fils accomplit sur l'ordre de ses parents des actions qui sont dans son intérêt propre ; le sujet enfin accomplit sur l'ordre de la souveraine Puissance des actions, visant à l'intérêt général et qui sont par conséquent aussi dans son intérêt particulier.
Baruch Spinoza, Traité des autorités
théologiques et politiques (1670).
(1867).
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